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Centre de rétention à Nantes : ce que contestent les opposants avant la mobilisation des 20 et 21 octobre
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Centre de rétention à Nantes : ce que contestent les opposants avant la mobilisation des 20 et 21 octobre

Vous habitez l'agglomération nantaise et vous avez entendu parler d'un futur centre de rétention administrative près de la maison d'arrêt de Nantes ? Samedi 10 octobre, un millier de personnes selon les organisateurs ont défilé contre ce projet. Voici où il doit se situer et ce que ses opposants contestent.

En bref

  • Le futur centre de rétention administrative doit sortir de terre près de la maison d'arrêt de Nantes, sur un chantier déjà engagé.
  • Les organisateurs de la marche du 10 octobre comptent environ un millier de manifestants, partis de Nantes jusqu'à Notre-Dame-des-Landes.
  • Colère Nantes annonce de nouvelles actions les 20 et 21 octobre devant les bureaux des entreprises du chantier.

Le chiffre clé : 1 000, manifestants selon les organisateurs, le 10 octobre, de Nantes à Notre-Dame-des-Landes.

Le centre doit s'installer à côté de la maison d'arrêt de Nantes

Le projet de centre de rétention administrative, ou CRA, concerne directement un secteur de Nantes. Le futur site se trouve près de la maison d'arrêt, et c'est de là que la manifestation du samedi 10 octobre est partie. Un chantier existe déjà à cet endroit.

Concrètement, un centre de rétention est un lieu de privation de liberté. On y retient des personnes de nationalité étrangère en situation irrégulière, qui font l'objet d'une mesure d'éloignement. Il s'agit la plupart du temps d'obligations de quitter le territoire français, les fameuses OQTF, rappelle Nejma Dahani, avocate au Syndicat des avocats de France et membre du collectif Colère Nantes.

Ce collectif est né après l'annonce du gouvernement de créer de nouveaux centres de rétention en France, et notamment à Nantes. Il fait partie des organisateurs de la journée, avec des habitants et des agriculteurs de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes et les Soulèvements de la terre.

Un millier de manifestants, tracteurs et vélos en tête de cortège

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées en début de matinée près de la maison d'arrêt. Les organisateurs estiment qu'ils étaient environ un millier. Les prises de parole ont eu lieu en milieu de matinée, sous de larges applaudissements.

Les manifestants voulaient rejoindre le chantier du CRA. Mais un important dispositif de gendarmes bloquait l'accès au site. Vers midi, le cortège s'est heurté aux CRS, qui ont utilisé des grenades lacrymogènes.

Le défilé a alors changé de cap. Composé de tracteurs et de vélos, il a gagné un autre chantier lié au projet, du côté de Notre-Dame-des-Landes et de Vigneux-de-Bretagne. Les participants sont arrivés vers 14 h 45 à La Paquelais, deuxième lieu de rendez-vous, au sud immédiat de Notre-Dame-des-Landes, où des manifestants les attendaient déjà.

Les arguments des opposants : un projet jugé raciste, inutile et coûteux

Les opposants qualifient le projet de « raciste, inutile et coûteux ». Voici les principaux reproches formulés ce samedi.

  • Les conditions d'enfermement : Nejma Dahani les juge inhumaines et désastreuses, et cite les rapports de la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté et celui du Comité européen pour la prévention de la torture, qui date de 1996.
  • La justification sécuritaire : le gouvernement évoque une menace à l'ordre public et l'insécurité à Nantes. Pour l'avocate, ce n'est pas la situation irrégulière qui crée l'insécurité, mais la précarité de ces personnes.
  • Le profil des personnes retenues : la plupart ne sont pas condamnées pénalement. Seules 2 % d'entre elles le seraient, d'après l'avocate.
  • L'histoire de ces centres : elle rappelle qu'ils ont été légalisés en 1981 et y voit la continuité d'une politique qu'elle qualifie de raciste et coloniale.

Du côté des collectifs, on dénonce aussi une réponse jugée inadaptée à l'urgence sociale et écologique, qu'ils décrivent comme une politique du bouc émissaire.

Les terres de compensation de Notre-Dame-des-Landes au cœur du conflit

Le CRA nantais porte atteinte à la biodiversité. Pour compenser, les pouvoirs publics doivent récupérer des parcelles que l'État possède à Notre-Dame-des-Landes et à Vigneux-de-Bretagne. Ces terres sont aujourd'hui cultivées par des agriculteurs.

Les habitants de la ZAD présents ont pris la parole sur place. Ils rappellent que l'État avait déjà choisi ces terres pour des compensations écologiques lors du dossier de l'aéroport, en 2014.

« Nos terres ne doivent pas devenir une variable d'ajustement. »

Des habitants de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, au micro, le 10 octobre

Ils détaillent les conséquences qu'ils redoutent : des parcelles qui risquent de devenir inaccessibles, des possibilités de reconstruction de logements agricoles supprimées, deux hectares cultivés qui seraient boisés et des drainages détruits. Ils précisent savoir que la biodiversité doit être protégée, mais défendent leurs outils de travail et leurs possibilités d'installation.

Nouvelles actions prévues les 20 et 21 octobre à Nantes

La mobilisation ne s'arrête pas là. Colère Nantes annonce vouloir se rassembler les 20 et 21 octobre devant les bureaux des entreprises qui participent au chantier du CRA nantais. Le collectif leur reproche de tirer profit de l'enfermement de personnes.

DateCe qui s'est passé ou est annoncé
Samedi 10 octobre, matinRassemblement près de la maison d'arrêt, prises de parole
Vers midiAccès au chantier bloqué, lacrymogènes face au cortège
Vers 14 h 45Arrivée à La Paquelais, après le passage par les terres de compensation
20 et 21 octobreActions annoncées devant les bureaux des entreprises du chantier

Pour les habitants de Nantes Nord et de l'agglomération, la suite se jouera donc autour du chantier et de ses entreprises. Aucun calendrier de mise en service ni aucun coût n'ont été précisés lors de cette journée.

Vos questions

Où doit être construit le centre de rétention administrative de Nantes ?

Le futur site se trouve près de la maison d'arrêt de Nantes. C'est de cet endroit qu'est partie la manifestation du 10 octobre, et un chantier y est déjà engagé.

Combien de personnes ont manifesté le 10 octobre ?

Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées. Les organisateurs, des habitants et agriculteurs de la ZAD, les Soulèvements de la terre et Colère Nantes, estiment qu'elles étaient environ un millier.

Pourquoi les agriculteurs de Notre-Dame-des-Landes sont-ils concernés ?

Des terres que l'État possède à Notre-Dame-des-Landes et Vigneux-de-Bretagne, cultivées aujourd'hui, doivent servir de compensation écologique au projet. Les agriculteurs craignent notamment le boisement de deux hectares cultivés et la destruction de drainages.

Sources : france3-regions.francetvinfo.fr.